LA MALADIE D’ALZHEIMER

La maladie d’Alzheimer (MA) est une affection du cerveau dite "neurodégénérative" ou "neuro-évolutive" qui entraîne une disparition progressive des neurones. Elle provoque une altération des facultés cognitives : mémoire, langage, raisonnement, etc. L’extension des lésions cérébrales cause d’autres troubles troubles qui réduisent progressivement l’autonomie de la personne.

Décrite pour la première fois en 1907 par Aloïs Alzheimer , neuropathologiste de l'école de Munich qui publie une étude anatomo-clinique d'une patiente âgée de 51 ans ayant présenté un délire de jalousie, des troubles majeurs de la mémoire, suivi d'une désintégration des fonctions cognitives, décédée après une évolution progressive de 4 ans et 6 mois dans un grand tableau démentiel.

Deux types de lésions seraient responsables de la destruction des neurones :


  • les plaques amyloïdes (dépôts d’une substance insoluble appelée peptide-amyloïde venant de la protéine APP) ;

  • les dégénérescences neuro-fibrillaires (filaments correspondant à un assemblage de protéine Tau anormalement phosphorylée).


En France, un Million de personnes sont atteintes de la MA et 30.000 en Bourgogne.

L'incidence est de 150 000 nouveaux cas /an

La prévalence de la MA dans la population varie selon l'âge : 1% à 60 ans, 20% à 80 ans, 25 % à 85 ans (maladie liée à l'âge)

La majorité des personnes atteintes de MA vivent à domicile (2/3 à domicile et 1/3 en institution).

La MA est un véritable problème de Santé Publique!

Méthodes de diagnostic

Etablissement du diagnostic : si les troubles cognitifs sont avérés, le médecin généraliste réorientera le patient vers un centre mémoire spécialisé dans le diagnostic de la maladie d'Alzheimer et encadré par un médecin spécialiste (gériatre, neurologue ou psychiatre) ou vers un neurologue de ville.

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est long et complexe à établir en particulier à cause de l’évolution progressive des symptômes. trois disciplines médicales peuvent faire un diagnostic de maladie d'Alzheimer : neurologue, gériatre et psychiatre.
Le diagnostic est basé sur un "faisceau" d'éléments : clinique, tests neuropsychologiques et imagerie cérébrale. Dans certains cas, l'analyse du LCR (Liquide Céphalo-Rachidien) est nécessaire à la recherche des protéines AB amyloïdes et Tau.

Le début de la maladie est souvent insidieux et progressif associant à la fois des symptômes cognitifs et un changement récent du comportement. L'examen clinique est basé sur l'interrogatoire du patient et de son entourage sur la chronologie et la présence de ces différents signes cliniques.
La méthode : une série de tests adaptés au patient sous forme de questions ou de tâches simples à accomplir.

L’objectif : évaluer les troubles cognitifs du patient (mémoire, langage, compréhension, raisonnement…) et détecter les symptômes le plus tôt possible.
Trois tests sont couramment utilisés en consultation mémoire :
-Le MMSE ou test de Folstein,
-Le test des 5 mots de Dubois,
-Le test de l'horloge
L'examen de référence est l' IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : permet d'observer l’aspect et le volume de certaines zones cérébrales notamment la zone "hippocampique" de la mémoire.
Un scanner cérébral est utilisé en deuxième intention (si l'IRM est non réalisable) : renseigne sur le volume global du cerveau (atrophie globale du cerveau) et permet d'éliminer les autres diagnostics (tumeur cérébrale, abcès,...)

L’objectif : mettre en évidence des diminutions de certaines parties du cerveau et s’assurer qu’il n’existe pas d’autres maladies.
Le bilan sanguin aide surtout à éliminer les autres pathologies qu'Alzheimer responsables du ralentissement du cerveau : hypothyroïdie, anémie, syndrome infectieux, carence vitaminique,...

L’objectif : s’assurer que le patient n’est pas atteint d’une autre maladie organique ou d’une autre affection du cerveau ou du système nerveux, ce qui impliquerait une prise en charge différente.
L'analyse du Liquide Céphalo-Rachidien (LCR) à la recherche des protéines incriminées dans la maladie d'Alzheimer (AB amyloïde et protéine Tau) est utilisée chez des patients jeunes (moins de 65 ans) ou dans des formes atypiques de la maladie D'Alzheimer.

LES SYMPTÔMES

Le plus commun et souvent le premier des symptômes est la perte de la mémoire. Bien que la perte de mémoire puisse être légère au début, elle est plus importante que les petits oublis habituels. Une personne aux prises avec la maladie d'Alzheimer oubliera fréquemment, particulièrement des événements qui se sont produits récemment.

Le plus commun et souvent le premier des symptômes est la perte de la mémoire.Bien que la perte de mémoire puisse être légère au début, elle est plus importante que les petits oublis habituels. Une personne aux prises avec la maladie d'Alzheimer oubliera fréquemment, particulièrement des événements qui se sont produits récemment.
La personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peut avoir de la difficulté à accomplir des tâches familières qu'elle a exécutées toute sa vie, comme préparer un repas.
Une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peut oublier des mots faciles ou les substituer par des mots qui rendront ses phrases difficiles à comprendre. Il arrive également que la personne utilise un mot incorrect de même consonance que le mot correct (par exemple lion à la place de violon).
La personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peut avoir de la difficulté à accomplir des tâches familières qu'elle a exécutées toute sa vie, comme préparer un repas.
Une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peut changer d'humeur très rapidement, par exemple, elle pourrait passer du calme aux pleurs et à la colère sans raison apparente.
La personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peut devenir confuse, renfermée et méfiante. Au nombre des changements possibles, on compte aussi l'apathie, la peur et des comportements qui lui sont inhabituels.
- Comportement asocial
- Tristesse
- Comportements bruyants
- Instabilité émotionnelle
- Euphorie, énergie sans limite
- Agressivité verbale et physique
- Épisodes de dépression et d'anxiété (le sujet prend conscience de ses troubles cognitifs)
- Désinhibition sociale
- Errance et déambulation
- Insomnie
- Suspicion, Paranoïa
- Comportements craintifs
- Hallucinations visuelles, auditives (rares)

LES AIDES FINANCIÈRES

  • Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA)

    Il s’agit d’une prestation accordée par le Conseil Départemental, pour couvrir les dépenses d'aide à la vie quotidienne, à domicile ou en établissement, pour les personnes en perte d’autonomie.

  • L’allocation de répit

    Depuis 2016, la loi reconnait le statut "d’aidants familiaux" aux proches du bénéficiaire de l’APA. Le "droit au répit" peut être activé quand le plafond du plan d'aide APA est atteint, pour financer un hébergement temporaire de la personne dépendante, un accueil de jour ou un renforcement de l’aide à domicile (jusqu'à 500 € par an).

  • Les aides « extra-légales » du Conseil Départemental

    Elles sont accordées sous conditions d'âge et de ressources et d'habilitation à l'Aide Sociale pour l'établissement concerné.

  • La carte mobilité inclusion (CMI)

    Elle a remplacé les anciennes cartes d'invalidité et de stationnement qui restent valables jusqu'à leur date limite (31/12/2026 au plus tard). La demande ou le renouvellement se fait à la MDA. Son attribution est automatique avec l'APA, pour les malades en GIR 1 et 2.

  • L’Allocation Logement

    Aide au logement à titre social, attribuée sous condition de ressources ; les bénéficiaires peuvent être à domicile ou en établissement. La demande est à adresser à la Caisse d’Allocations Familiales (CAF).

  • Aides Complémentaires Santé (ACS)

    Non spécifique de la dépendance, l'ACS est une aide accordée par la CPAM qui ouvre droit à une réduction sur le montant de la cotisation à une complémentaire santé. Elle concerne toutes les personnes dont les ressources sont faibles, mais légèrement supérieures au plafond fixé pour l'attribution de la Couverture Médicale Universelle Complémentaire (CMUC).

  • Impôts sur le revenu

    Le quotient familial est augmenté d'une ½ part si le contribuable, son conjoint ou une personne à sa charge a obtenu une invalidité à 80% auprès de la MDA.

  • Dégrèvement ou exonération

    Dégrèvement ou exonération de la taxe d’habitation, de la redevance audiovisuelle, taxe foncière, sous condition d’âge, de ressources, de taux d’invalidité.

  • Pour les aidants

    Avantages fiscaux pour les personnes qui hébergent gratuitement sous leur toit une personne âgée ou dépendante, parente ou non sous forme de rattachement au foyer fiscal ou de déductions forfaitaires.

LES AIDES JURIDIQUES

Personne de confiance

Proche qui assume un rôle d’accompagnement du malade dans ses démarches et entretiens médicaux pour l’aider dans ses décisions et un rôle consultatif quand le patient ne peut exprimer sa volonté.

Mandat de protection future

Le mandat permet au mandataire de représenter et de consentir à la place du mandant le jour où il ne sera plus en mesure de pourvoir seul à ses intérêts (exemple : vente d'un bien immobilier)

Sauvegarde de justice

La sauvegarde de justice est une mesure de protection immédiate, souple et généralement de courte durée. Elle permet de contrôler les actes du majeur a posteriori.
Lorsqu’une personne risque de dilapider son capital ou d’effectuer des actes contraires à son intérêt, cette mesure est toute indiquée afin de protéger dans l’urgence son patrimoine. La sauvegarde de justice peut ne concerner que certains actes déterminés par un juge. La personne concernée est alors considérée comme une « personne protégée » par mandat de protection mais conserve toutefois ses droits.

Curatelle simple

La curatelle simple est une mesure judiciaire qui permet de protéger des personnes majeures vulnérables. Le juge des tutelles nomme un ou plusieurs curateurs chargés d’assister la personne protégée dans tous les actes importants de la vie (emprunt, achat/vente immobiliers, succession, etc.).
Dans le cadre d’une curatelle simple, la personne protégée continue de gérer elle-même ses comptes bancaires. La curatelle simple est un dispositif très souple, laissant une certaine autonomie à la personne.

Curatelle aménagée

La curatelle aménagée est une forme particulière de curatelle, intermédiaire entre la curatelle simple et la curatelle renforcée. Dans le cadre d’une curatelle aménagée, le juge des tutelles énumère les actes que la personne protégée peut faire toute seule et ceux qui nécessitent l’assistance obligatoire du curateur. La curatelle aménagée a pour conséquence d’étendre les droits du curateur.

Curatelle renforcée

La curatelle renforcée est la mesure de curatelle la plus lourde de conséquences pour la personne protégée. Elle accorde des droits supplémentaires au curateur, concernant la gestion des comptes notamment.
La curatelle renforcée est choisie par le juge des tutelles pour les personnes les plus fragiles. Comme son nom l’indique, la curatelle renforcée renforce le rôle du curateur. Elle permet à la personne protégée d’être assistée par son curateur de manière plus continue et sur un plus grand nombre de points.
Dans la curatelle renforcée, le curateur n’acquiert un pouvoir de représentation que pour certains actes précis. En revanche, son rôle d’assistance s’étend considérablement.

Tutelle

La tutelle est la mesure de protection la plus lourde de conséquence : elle est une mesure de contrôle et de représentation de la personne protégée et non pas une assistance (comme dans une curatelle). Le tuteur devient le représentant de la personne protégée dans tous les actes de la vie quotidienne.

Mandat notarié

Pouvoirs étendus du mandataire : actes de dispositions, conservatoires ou d’administration.

Mandat sous-seing privé

Pouvoirs restreints aux actes conservatoires et d’administration.